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Premiers pas…

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Comme un certain nombre de socialistes-réformistes, j’ai voté pour Emmanuel Macron, fait campagne pour les candidats de la majorité présidentielle aux dernières élections législatives, clarifié mon engagement, en quittant le Parti Socialiste (PS) et en adhérant à La République En Marche (LREM).

En cette rentrée, j’ai ressenti le besoin de faire à titre personnel, un premier bilan de cette période …

Tout d’abord quelles étaient les principales motivations de mon départ,  d’une organisation, le Parti Socialiste, à laquelle j’étais attaché et à qui j’avais donné de nombreuses années de militantisme :

-Un désaccord avec la ligne politique du PS qui préfère mettre en échec la nouvelle majorité plutôt que d’opter pour une position plus constructive,

– Le constat d’une cohabitation devenue impossible et surtout stérile politiquement avec les ex-frondeurs de l’aile gauche, favorables au rapprochement et  à de futures alliances  avec  la France insoumise de Jean Luc Mélenchon. Les querelles permanentes au sein du parti entre les tenants de ces deux lignes radicalement opposées n’ont d’ailleurs pas faibli cet été …

– L’adhésion au projet politique de la LREM, un projet social-réformiste en adéquation avec celui que je défendais  au sein du PS,  pour concilier développement économique et progrès social, cibler des politiques publiques plus efficaces pour ceux qui ont le moins (éducation, formation…), faire redémarrer l’ascenseur social,… Une ambition rendue possible grâce à un état moderne, au fonctionnement  économe,  rigoureux avec des fonctionnaires récompensés de leurs efforts, de leur mérite.

Sans renier mon histoire, en restant attaché aux valeurs d’une gauche du XXI siècle, moderne, réaliste, j’ai donc rejoint la REM,  afin  de soutenir le travail commun des progressistes de la droite humaniste, du centre et de la gauche réformiste pour répondre aux difficultés économiques et sociales de nos concitoyens, faire barrage à la menace extrémiste, intégriste…

Première satisfaction, l’intégration s’est faite naturellement facilitée par le sens de l’accueil et l’ouverture des « marcheurs » de la première heure.

A Fontenay-sous-Bois, l’esprit de dialogue qui prévaut dans le mouvement, renforcé par le rôle fédérateur de notre nouveau Député, Guillaume Gouffier-Cha a même permis de commencer à dépasser certains antagonismes hérités des dernières élections municipales.

Dans un mouvement caractérisé par la place importante de la jeunesse, une parité réelle, une richesse de débat avec un vrai respect de l’autre, mes premiers pas m’ont apporté satisfaction.

Loin de moi par contre, la tentation de verser dans l’angélisme, l’organisation de la LREM actée dans ses statuts au mois d’août dernier bouscule en effet ma conception de l’organisation politique ou syndicale.

Il faudra voir dans la pratique si cette gouvernance très verticale répond au désir de démocratie des adhérents.

A l’inverse, il est vrai que d’autres organisations plus horizontales « sur le papier », ne le sont pas dans la réalité lorsqu’il s’agit par exemple des désignations aux élections ou du choix des alliances au niveau local.

J’en ai fait comme beaucoup d’autres l’amère expérience au sein du Parti Socialiste…

Plus de 100 jours après l’installation du nouveau Président, quels premiers enseignements peut-on tirer sur la politique menée ?

Un gouvernement composé de personnalités venues des deux bords de l’échiquier politique a-t-il répondu aux attentes ? La promesse d’équilibre a-t-elle été respectée ?

La ligne développée par Emmanuel Macron dans sa campagne puis formulée dans le  discours devant le congrès de Versailles, et dans sa récente interview dans la presse hebdomadaire reste toujours pour moi conforme et ce malgré un été difficile où l’on a retrouvé des attaques très  dures des oppositions et des médias, rappelant parfois le bashing que l’on avait connu dans le quinquennat précédent.

Dans cette première séquence, j’ai apprécié tout d’abord comme une majorité de Français, la revalorisation de la fonction présidentielle par Emmanuel Macron, ses premières sorties à l’international, la confirmation de son engagement pour redonner un nouvel élan à la construction européenne comme l’a montré son action sur le dossier des travailleurs détachés.

Sur ce volet international, l’immigration est un sujet majeur et attendu au regard du vote Front national que l’on aurait aujourd’hui tort de sous- estimer.

Ce dossier a donné lieu à une position gouvernementale équilibrée entre l’annonce d’une part d’un accueil généreux pour tous ceux dont la vie est menacée dans le pays d’origine et d’autre part la volonté de dissuader dans le respect des droits humains,  des candidats  nombreux à une installation sur notre territoire, pour d’autres motifs notamment économiques.

Dans l’intérêt, de ces migrants d’abord, exploités au cours de leur transit et à leur arrivée en Europe, une politique d’aide publique au développement plus dynamique devra être conduite.

Il faudrait de plus  éviter que cette coopération indispensable avec les pays en développement soit comme trop souvent une variable d’ajustement budgétaire.

Sur la question de l’éthique en politique malgré les critiques qui ont fusé des rangs de ceux qui sont pourtant restés inactifs durant des décennies, la loi de moralisation, représente des avancées très importantes,

L’objectif de réduction de la dette véritable boulet pour les générations futures a été fort justement confirmé mais la gestion de la problématique budgétaire a été selon moi le point faible le plus marquant de ce début de quinquennat.  On a retrouvé sur ce sujet complexe, une approche trop technocratique.

L’exemple de la baisse des APL a été ressenti notamment par les jeunes comme une trahison des engagements de campagne. Le transfert des cotisations sociales sur la CSG a créée également une vraie inquiétude notamment chez les retraités modestes et les fonctionnaires.

Il est évident que pour ces deux dernières catégories comme pour l’ensemble des français la perte de pouvoir d’achat dans un contexte de rémunérations ou de pensions très contraint est considéré comme inacceptable.

Sur l’annonce de la suppression des  contrats aidés, dispositif très clairement à revisiter, il aurait fallu sans doute moins de précipitation avec  la mise en place d’une vraie évaluation de l’efficience ou non de cette action en préalable.

La réforme du code du travail était pour moi un test majeur de l’équilibre de la politique gouvernementale : libérer d’un côté, tout  en protégeant de l’autre.

A la lecture des ordonnances et des réactions d’une majorité d’organisations syndicales on est loin du « coup d’état social » prédit par la gauche de la gauche.

Après une concertation remarquablement menée, le texte des ordonnances traduit un compromis acceptable et qui devrait être accepté, entre les intérêts du salariat et ceux des entrepreneurs. Il pourra être un des leviers  pour dynamiser l’économie de notre pays, et  prioriser l’investissement indispensable pour créer de l’emploi.

Attaché au soutien aux PME-TPE, j’approuve  l’orientation générale qui leur est très favorable. Pour les salariés de ces entreprises, je suis par contre déçu (même si il n’y a pas de recul puisque rien n’existe aujourd’hui), que soit entérinée l’absence de délégués syndicaux dans les TPE lors des négociations et accords d’entreprises. Le mandatement syndical a finalement été écarté, la négociation se fera directement entre le patron et les salariés avec les risques de déséquilibre que cela peut comporter. Là aussi il serait intéressant d’évaluer ces modalités dans le temps  pour en mesurer l’effet.

Ce premier bilan de l’action gouvernementale illustré par ces quelques exemples auquel on pourrait rajouter notamment, en cette rentrée le dédoublement des CP en zone prioritaire, est donc globalement positif.

Alors que les électeurs de la gauche modérée ont voté massivement pour Emmanuel Macron, la vigilance doit être par contre toujours de mise, pour veiller à la mise en œuvre de politiques justes socialement, et pour s’assurer du maintien de l’équilibre au sein de la majorité présidentielle.

A cet égard, la récente annonce des ministres issus de la gauche, de créer un « maul » de concertation au sein du gouvernement est à noter…

Dans le même esprit, et afin que le débat ne soit pas préempté à gauche par ses composantes les plus extrême et sectaire, il me semble que le dialogue doit se maintenir entre les socialistes réformistes, aujourd’hui dispersés.

De nombreux électeurs et militants  de la gauche démocratique, encartés ou non partagent l’idée d’un soutien vigilant au gouvernement, et ne valident pas la posture d’opposition  systématique de la direction nationale du Parti Socialiste.

Dans un contexte difficile, la REM aurait sans doute intérêt pour contribuer à la réussite du Président et de sa majorité à favoriser les liens avec cette composante de la gauche aujourd’hui éparse.

Personnellement comme d’autres, à mon petit niveau j’y suis  prêt,  …

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